« Entre 2003 et 2007, les places d’Ephad ont été créées à 61%
par des établissements privés », affirme le document, révélé samedi par le Journal du Dimanche et dont l’AFP a obtenu copie.
« Depuis 2001, le public a perdu 5% des parts de marché au profit des établissements privés commerciaux », précise la note de la FHF, qui regroupe les responsables (directeurs, médecins, élus) de l’ensemble des hôpitaux publics français.
2.097 euros de reste à charge en moyenne… dans le privé
Or la forte proportion de créations de places dans le secteur privé pose un problème d’accessibilité financière. « En effet, les établissements publics pour personnes âgées sont moins
chers » que ceux du privé, pour lesquels le montant mensuel moyen restant à la charge de la personne accueillie est évaluée à 2.097 euros, indique la note.
Dans le public, ce montant moyen est nettement plus faible, avec « 1.390 euros par mois en maison de retraite publique autonome » et « 1.464 euros en maison de retraite
rattachée à un hôpital », souligne le document.
En forte croissance, le secteur privé du médico-social a vu émerger début décembre un nouveau leader français, avec la fusion des groupes DomusVi et Dolcéa, qui rassemblera 225 établissements
en France, dont 212 résidences médicalisées (Ehpad), et qui prévoit d’entrer en Bourse.
684.000 places
Une étude de la Drees (statistiques des ministères sociaux)
publiée en mai 2009 avait montré que, malgré cette croissance, les Ehpa ne
comptaient fin 2007 que 684.000 places.
Résultat, un taux d’équipement global tombé à seulement 127 places pour 1.000 personnes âgées de 75 ans et plus, à la fin 2007, contre 166 places à la fin 1996.
Des installations surtout en zone urbaine
Dans sa note, la FHF pointe un autre inconvénient de la domination du secteur privé dans les créations de places: les établissements commerciaux s’installent de préférence en zone urbaine, où
vit une importante population solvable, alors que « ce sont les zones rurales qui vieillissent le plus vite ».
Entre 10 et 183 lits pour 1.000 habitants
Du coup, le nombre de lits en établissements médico-sociaux pour personnes âgées de plus de 75 ans varie fortement d’un département à un autre, allant de 10 pour 1.000 à 183 pour 1.000,
déplore la FHF.
Les responsables d’hôpitaux publics français s’inquiètent en même temps d’une mauvaise application de la politique dite de « convergence tarifaire », qui vise à une péréquation des
fonds publics, pour mieux doter les établissements manquants de moyens.